Mercredi 3 mars 2010
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"Aujourd'hui, préparez-vous à rencontrer vos Dieux! Nos Dieux!"
La voix résonnait clairement. Tout était calme autour de nous, tandis que le chef du village parlait d'une voix forte et autoritaire.
"Sachez que fuir la mort ne vous apportera que le malheur et la divine colère! Battez-vous comme des hommes, que l'on soit fier de vous!"
Puissante, Sévère, Autoritaire et emplie de Pouvoir. Tel était ce que je ressentais en écoutant les paroles de notre chef. Elles m'inondaient non pas de courage, ni de peur. Elles
m'envahissaient, tout simplement. Alors que nous allions affronter notre adversaire, d'une puissance encore jamais atteinte, d'une taille immense, et d'une technologie effarante, nous nous
tenions face à ces hommes. Sur la plaine verdoyantes des vastes champs gaulois. Une poignée contre une armée, un village contre un empire. Nous étions probablement dans les derniers villages
gaulois encore debout, encore vaillant et le cœur serré des pertes encourues.
"Battez-vous pour vous! Vous êtes les dignes enfants de Toutatis, montrons lui notre courage!"
Les tambours romains résonnaient, les formations ce mettaient en place, et doucement ils ce rapprochaient. Tout le savoir faire d'une armée, contre une milice. Toute la puissance d'un empire
contre un village, toute la discipline contre une armée levée en urgence et désœuvrée. Pourquoi étions nous debout devant eux d'ailleurs? Pourquoi marchions nous vers cette mort qui nous
tendaient les bras? Nos enfants, nos femmes et nos vieillards. Toute la signification d'une vie Gauloise. La femme gère le foyer et met au monde des enfants, qui plus tard donneront vie à des
guerriers ou à d'autres enfants. Nos enfants seront nos guerriers de demain, et nos vieillards sont toutes notre sagesse et notre connaissance. C'est pour eux que nous nous battions. Pour les
protégés. Aux moins eux.
Bien entendu chacun avait quelque chose de personnel à protéger. Chacun avait ses raisons, mais quelle qu'elles soient, elles nous réunissaient tous aujourd'hui pour combattre l'ennemi.
Pour leur laisser le temps de fuir. Pour ma part, je voulais tout simplement protégé la femme que j'aimais, celle que je voulais prendre pour épouse. Qui aurait cru, alors qu'hier nous nous
abandonnions l'uns-l'autres, qu'aujourd'hui nous serions séparé à jamais? Séparé par l'âpre couleur de la mort.
Les tambours augmentaient le rythme. Les romains arrivaient.
"Ne vous retournez en aucun cas! Sacrifiez vos vies, votre passé, votre futur et vivez le moment présent, ce moment qui vous rapproche de la chaire maudite de l'ennemi! Vivez uniquement ce moment
! Permettez aux autres de fuir! Et offrez vos vies tout en prenant celle de l'ennemi pour la bonne cause! Allons y!! Ne vous présentez pas devant Toutatis sans avoir pris la vie d'un
ennemi!!"
Nos forces ne valaient environ qu'un tier de l'armée adverse. Courant vers ma mort, je revoyais une dernière fois le visage de ma douce tout en murmurant pour la dernière fois "Je t'aime" avant
de scellé définitivement mes lèvres à jamais. Je courrais vers l'ennemi avec ma rage et mon désespoir. Une plaque de bois pour seul bouclier et ma hache comme arme. Ma hache s'abattait dans un
lourd fracas sur le bouclier de mon adversaire, ouvrant une brèche dans leur formation. Accélérant l'allure de mes attaques, le sang giclant sur mon torse, je tuais sans états d'âmes celui qui ce
tenait devant moi. Je continuait sans penser à l'ennemi tombé à mes pieds, voulant toujours allez plus loin, voulant me rapprocher inconsciemment de la mort.
Le ciel! Une fois que j'y serais je pourrais admirer son sourire et sa douce chevelure bercée par le vent printanier. Sur cette pensée, un glaive me perça le poumon droits. Douleurs, désespoir,
haine, rage, amour... tout ces sentiments me poussaient à aller plus loin, encore et toujours! Ma hache s'abattait encore une fois sur mon adversaire, tandis qu'un autre glaive venu de ma gauche
me perça le flanc. Cri de douleur! Cri de souffrance! Alors que je m'effondrais, dos au sol, je ne pouvais détacher mes yeux du ciel, nuageux et pluvieux.
Tel que je les aimes, tel que je l'aimais, ma vie m'abandonnait sur le sol trempé par l'orage et souillé par le sang. "Je pourrais te revoir de la haut!" seul cette pensée m'accompagnait dans ma
mort, et je priais tout en souffrant, à l'idée qu'elle trouve un homme qu'elle aimera à tout jamais.
Je m'éteins en ce trop pleins de souffrances, tout en pensant à la douce brise faisant virevolter tes doux cheveux châtains et caresser ton magnifique visage. Adieu.